"Le doux poison de la flatterie circule, brûlant, dans les veines de Marie-Antoinette."
"Rien ne peut arrêter le torrent qui entraîne Marie-Antoinette vers sa perte.."
"Plus dangereuse que la génération d'hier qui, n'ayant plus la force de mordre, ne peut que baver de rage, se dresse la génération nouvelle : une bourgeoisie intelligente qui n'entend pas rester dans l'obscurité."
"Au bout de dix années de pouvoir absolument gaspillées, Marie-Antoinette est déjà cernée de toutes parts : la haine a atteint son maximum.""Elle ne se doute pas que déjà le rideau se lève sur une autre comédie dans laquelle sans le savoir et sans le vouloir, elle sera appelée à jouer le rôle principal."
"La reine était innocente et, pour rendre publique son innocence, elle en appela au parlement ; le résultat fut qu'on la crut coupable. "
"Quoi de plus passionnant que le procès voulu par une reine et qui, lentement, devient son propre procès ?"
"Marie-Antoinette, dont l'intuition est toujours plus forte que la réflexion, a vu immédiatement ce que cette défaite avait d'irréparable..."
"Trop tard. Mot fatal qui sera dorénavant la réponse à tous ses efforts.""Chaque jour emporte un lambeau de l'autorité royale... Les jours suivants seront gravés dans l'histoire d'un trait indélébile.""Ce n'est pas une révolte, sire, c'est une révolution !"
"Le 14 juillet, Louis XVI a perdu la Bastille ; le 17 il perd toute dignité et s'incline si bas devant ses adversaires que sa couronne roule à terre."
"Le silence, maintenant, se fait autour de cette reine qui n'avait que trop aimé l'agitation."
"Toute révolution est une avalanche : celui qui veut en rester le maître est forcé de courir avec elle, nulle pause n'est possible."
"Elle refuse tout secours, il y a longtemps qu'elle a subi le plus dur. Ce qui l'attend est plus facile : il ne s'agit que de la mort ! Elle se précipite presque vers elle..."
"Le procès s'ouvre le lendemain matin et tout le monde, d'avance, en connait l'issue."
"Seule la déesse de la Liberté, figée dans sa pierre blanche, est restée à sa place et continue à fixer son but invisible. Elle n'a rien vu, rien entendu. Sévère, elle regarde dans le lointain, par delà les sauvages et absurdes agissements des hommes. Elle ignore et veut ignorer ce qui se passe en son nom."
(citations tirées du livre 'Marie-Antoinette', de Stefan Zweig)